Les effets de l’industrie textiles sur l’environnement

Au début des années 2000, la fast fashion fait son arrivée. Certaines enseignes passent des traditionnelles collections printemps-été et automne-hiver à une dizaine de collections par an. Zara renouvelle même ses rayons vingt-quatre fois chaque année. Conséquence, la durée de vie d’un habit a été réduite de moitié ces quinze dernières années. Devenus un moyen d'exprimer sa personnalité,  l'augmentation du nombre de collections par an et la baisse des prix (-36 % en 15 ans en Europe) poussent à acheter toujours plus de vêtements… et à les jeter plus vite. C'est le cas surtout dans les pays émergents : en Chine, le nombre de fois où les habits sont portés est passé, en 15 ans, d'un peu plus de 200 à 62 fois. En 2014,100 milliards de vêtements étaient vendus dans le monde, soit deux fois plus qu’en 2000. La courbe est exponentielle : on pense que l’on est aujourd’hui autour de 150 milliards de vêtements vendus chaque année.

Les conséquences de cette augmentation sont multiples et désastreuses pour l’environnement .

 

1. Une empreinte carbone tout simplement monumentale

 

Selon les chiffres fournis par l’ADEME, la mode émet 1,2 milliard de tonnes de CO2 chaque année. C’est plus que l’aviation et le trafic maritime international réunis. En tout l’industrie textile représente près de 10% des émissions carbones globales. Le constat est donc sans appel, il faut changer de mode production et de consommation et pour cela plusieurs pistes semblent intéressantes.
D’abord le Made In France apparaît comme une solution logique selon l’étude commanditée par l'Union des industries textile (UIT). Les vêtements et linge importés (95,7% de l'offre française), représentent l'équivalent de 54 kilos de CO² émis pour un kilo de produit. Soit deux fois plus que les 27,7 kilos générés par des produits fabriqués dans l'Hexagone. Une autre piste est sans surprise la rationalisation des commandes, et la meilleure réactivité d'approvisionnement permise par une production locale. Réduire le nombre de produits invendus suffirait ainsi à réduire de 25% les émissions de CO² le long de la chaine de valeur, il faudrait ainsi favoriser des systèmes comme la précommande.

 

2. Des océans pollués et une surexploitation de nos ressources en eau

 

Les fibres synthétiques représentent aujourd’hui 69% des matières utilisées pour fabriquer nos vêtements,70% d’entre elles sont produites à partir de pétrole De plus, l’entretien des vêtements synthétiques  en machine relâche autour de 500 000 tonnes de microplastiques chaque année dans l’océan, soit l’équivalent de plus de 50 milliards de bouteilles en plastique. C’est la deuxième source de pollution en matière plastiques de l’Océan.

Entre l’irrigation, notamment pour le coton, et la phase d’ennoblissement (teintes…) la consommation d’eau de l’industrie textile est faramineuse. A titre d’exemple  un rapport des Nations unies estime qu’il faut 7 500 litres d’eau pour fabriquer un jean, soit l’équivalent de l’eau bue par un être humain pendant sept ans. L’industrie de la mode est donc le troisième consommateur des eaux d’irrigation dans le monde et elle représente 20% des eaux usées.

 3. Un gaspillage notoire encore trop peu compensé

 

Dans l’industrie du vêtement, le gaspillage se situe à plusieurs niveaux. D’abord lors de la découpe, environ 15% du tissu part à la poubelle, c’est un énorme gaspillage de ressources.

Ensuite, la gestion des invendus est encore très aléatoire. Chaque année, entre 10 000 et 20 000 tonnes de produits textiles sont détruits en France, cela équivaut au poids d’une à deux Tour Eiffel.

Enfin le gaspillage se situe dans notre comportement en temps que consommateur. Beaucoup de nos vêtements ne sont pas portés plus de 10 fois, 80 % de nos vêtements (parfois toujours en état d'être portés) finissent leur vie avec les ordures ménagères.

 

Notre Conclusion

 

Les changements doivent donc s’opérer au niveau des producteurs textiles, dans leur choix de matière, leur gestion des invendus et des pertes ainsi que leur circuit de production. Mais le changement doit aussi se faire à notre niveau, chacun de nous en tant que consommateur nous avons le pouvoir d’influer sur le mode de production des grands acteurs. Nous devons aussi faire évoluer notre façon de concevoir l’achat de nos vêtements, trop de nos vêtements attendent désespérément au fond de notre garde-robe d’être portés, consommer moins, mais mieux. Continuer à se faire plaisir de manière raisonnable et raisonnée. Enfin nous devons faire évoluer la fin de vie de nos vêtements, privilégier toujours le don ainsi que le recyclage plutôt que de simplement jeter. Permettre à nos vêtements de continuer leur aventure sous une autre forme

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